Il s'en va et ferme la porte derrière lui, sans demander son reste. J'ai toujours eu un faible pour les hommes qui referment la porte derrière eux sans demander leur reste.
23/08/2013
12/05/2013
Dorée
« C'était un mélange d'homme et
d'adolescent. Il avait les sourcils longs et arqués, un petit nez
d'enfant, des lèvres ourlées, animées par un frémissement
permanent. Ses lèvres, on aurait dit qu'elles faisaient la moue,
puis qu'elles s'élargissaient comme si elles voulaient embrasser,
puis qu'elles se plissaient pour sourire ou juger : j'aime, j'aime
pas, c'est drôle, c'est beau, je vais parler, je veux écouter et je
vous comprends, je suis une bouche qui parle mille langages […] Ses
yeux étaient aussi mobiles que les lèvres, tachetés de paillettes
vert et or, un regard qui, lorsqu'il se posait sur vous, semblait
dire :Vous êtes la personne la plus
importe du monde.Mais une seconde plus tard, une
variation dans le même regard disait :Tout cela ne présente aucun intérêt.
»
(Manuella,
P. Labro)
Ce n'est pas très malin de faire tant
de projets quand nous serons réunis, tu sais bien qu'on passe tout
notre temps enfermés, à comparer les nuances de nos deux peaux
contraires. Et puis ça prend du temps, on perd le compte, on
s'interrompt souvent, et ça peut prendre des semaines entières,
Et à se nourrir de miettes on feint
d'être repu
C'est que l'attente sait se faire
cruelle
Elle paraît douce au lever et puis
dense avec les heures
Les draps si lourds du corps qui n'est
pas
qui n'est plus
qui n'est pas encore là
Aucun mot ne lui va et il ne ressemble
à personne. Il faudrait inventer une nouvelle langue rien que pour
le décrire. Il dit « j'aime bien parler français avec toi »,
mais le français c'est bien gentil, ça ne suffit pas. L'anglais est
un peu tiède et jamais comme il faut. L'italien pourquoi pas, c'est
chaud et mobile et léger, mais je ne le parle pas bien
(depuis quand es-tu à moi
le seras-tu jamais)
Et ces jours qui n'en finissent pas,
comme un hiver de dix mille ans. Et tous ces chiffres morts, et ces
plaintes que je tais pour te garder encore. Enfin, ce corps qui n'est
plus à moi puisqu'il n'est pas à toi. (Et je fais toujours rimer tes au-revoir à des mots noirs, poignard, brouillard, tu vois, ce genre de choses.)
Mon soudain, mon mage, dis moi; ma pâte de fruit, mon mauvais chat sauvage –
dis moi, es-tu un songe, ou bien es-tu un homme... ?
(et quand tu te lèves
moi je dors dans des wagons)
De type :
Extraits recopiés,
Tentatives poétiques
11/03/2013
Derniers poèmes d'amour
(Aujourd'hui s'est écrasé sur nous
a inondé les yeux muets
appesanti et morne sur les quatre mains
Ni hier et ni demain
J'ai tout perdu j'ai tout gâché
Mon géant de terre et de miel
La capuche lourde de rêves et de
pierres
Sa bouche comme un carcan
emprisonne l'air et la mer
C'est la gorge sèche que je remplace
Un homme qui n'a rien à envier
Et je trace dans la glace
Le vilain mot : désormais)
Le 26 février, à sept heures du
matin, je remonte la rue Sainte Catherine en faisant l'inventaire de
tous ces petits riens.
Ton rire en cascades comme un
gazouillis d'oiseau heureux.
Le chic que tu as d'être toujours en
retard.
Ta tendance à te perdre dans une
ville, qu'elle soit nouvelle ou connue.
Ta façon bien à toi de fermer les
yeux quand tu manges quelque chose de particulièrement bon, en
faisant tournoyer ta petite cuillère en l'air, comme une révérence.
La moue que tu fais quand tu trompes
d'accord sur ma guitare sèche.
Ton accent qui te trahit et dont tout
le monde se moque.
Et les mots que tu inventes, qui me
font toujours rire.
Ta bouche qui s'ouvre pour gober les
premiers flocons de neige, comme un gamin.
Ton grain de beauté au milieu du dos.
Tes lunettes qui te vieillissent
beaucoup trop.
Les phrases absurdes que tu répètes
en boucle quand tu es ivre.
Ton réveil que tu ne mets jamais à
heure fixe, toujours 7h26 ou 10h42 (tu m'expliques pourquoi mais je
ne t'écoute pas, je me rendors déjà).
Les chansons que tu chantes sans
connaître les paroles.
La fumée qui te pique les yeux.
Ta maladresse légendaire.
Et tes idées qui changent tous les
jours.
(Désormais je sais ce que je
risque
Maintenant je sais ce que je perds)
Chante, chante, ne me dis pas adieu
J'ai beau me taire en dedans, je ne
veux pas que tu t'en ailles
(è l'estate pazzo che non finirà mai)
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